Dans la grande tradition des mariages à l’arrache de la famille Priet-Mahéo, Shannon et moi nous marierons le 8 Octobre 2016, un peu à l’arrache.

Le plan était de continuer sur notre lancée, insoucieux et dans le péché, à vivre d’amour et d’eau fraiche passée à la bouilloire et ajoutée à du café, puis reposé, et versée dans une tasse avec un peu de lait. Et à vrai dire on n’en dévie que de très peu, mais pour le coup, un mariage est valable dans notre situation, parce que Shannon en tirera la citoyenneté française, à terme. Ca nous donnera plus d’options de vie, ça lui permettra de circuler plus librement. Et puis on ne sait pas encore quel continent finira sous les eaux le premier après le grand cataclysme de 2027. Alors pourquoi ne pas se mettre ça sous la ceinture.

Retenez vos insultes et vos menaces de morts, vous n’avez pas reçu de faire part parce que personne n’est invité. Le mariage sera un simple passage au palais de justice de Montréal, un high five et « this is how we do it » qui jouera dans ma tête. Ça sera aussi l’occasion pour mes parents et ma sœur Morgane d’enfin rencontrer la famille de Shannon, ils passent me voir un moment autour de cette période. Delphine sera avec nous en esprit et en skype, mais elle ne loupe pas grand-chose pour le coup, et vous non plus, lecteurs potentiels qui ne sont pas de ma famille directe. On fera une fête quand on pourra, et surement deux a vrai dire, une ici et une en France. A ces dernières vous êtes tous très cordialement invités. Cordialement, jovialement, officiellement, vigoureusement, si ça vous chante et que vous êtes dans le coin. Amenez des chips, ça sera chouette ! Chou-ette.

Je ne sais pas trop pourquoi je vous raconte tout ça. N’hésitez pas à m’inonder et me shampooiner de félicitations et de vœux de bonheurs, bien entendu. Mais gardons à l’esprit que c’est gratuit, que ce n’est pas un pas que je franchis ou un power level que je débloque. Shannon et moi avons la ferme intention de continuer notre relation et tout ce qui y touche, avec ou sans mariage, jusqu’à ce que la mort nous sépare, ou que Shannon (ou moi) rencontre Ryan Reynolds et change d’avis abruptement. Le mariage va nous apporter quelques conforts, et l’évènement en soit sera l’occasion pour nos  parents de prendre un pot ensemble, et basta.

Pour autant je comprends l’attrait, et je n’y suis pas du tout insensible. Depuis la signature des papiers pour obtenir la date au palais de justice, j’ai une envie de m’en vanter et de le crier sur les parapets, et je ne me gène pas d’ailleurs, à commencer par ce post. De ma position moins qu’enthousiaste à propos du concept et de l’institution du mariage, c’est dur à justifier, et pourtant et pourtant. A y réfléchir c’est très similaire à l’anticipation d’un anniversaire : passer 18, 20 ans, on n’est pas vraiment censé en faire tout un tintouin, mais c’est plaisant de recevoir l’attention des gens qui compte pour nous. Tout comme, notre mariage sera un peu l’anniversaire de notre couple. Pas sa naissance, juste un rappel gratuit qu’il existe et une excuse pour une fiesta bien comme il faut avec vous autres, gens merveilleux.

Et je suis content.

Bon et puis voilà… Ca boum sinon, quoi de neuf ?

 


Zurich

15Jan13

Zurich

La Suisse, le chocolat, l’horlogerie, les predators et les chèvres.


Ce blog est comme un phoenix asthmatique, ou comme l’univers, qui selon des hypothèses récemment soulevées fonctionnerait par cycle d’expansion puis de récession. Et je l’avais trop prédit, on devrait me faire Président des Sciences, et tout les enfants feraient des volcans qui vomissent du Fanta en primaire.

C’est assez fréquent qu’il suffoque sur un post comme le précédent, où trop d’intensité dramatique le pousse à la collapse. Et qu’avec le poids des décombres sur les épaules je décide de juste reconstruire autre chose autre part, une autre fois. Pour les mêmes raisons qu’on ne construise pas de maisons sur des cimetières indiens, sauf si on a un mauvais film à faire.
J’ai décidé cependant de ne pas céder à la tyrannie des superstitions. Et à métaphoriquement tourner une page. Et puis j’aime beaucoup le nom de ce blog, et son constant gain de pertinence.

A ce sujet, je suis à Reykjavik pour quelques mois. Pour pas mal de raisons à la hiérarchie incertaine. Ma soeur ici est sur le point de pondre le premier descendant de la grande lignée des Priet-Mahéo, et c’est un évènement que je ne pouvais pas rater. Ensuite j’avais envie de repasser un moment ici, depuis longtemps, et le moment s’y prêtait, n’ayant pas de plans particuliers pour l’été, ni d’emploi en vue (ou pas dans l’immédiat. Milles excuses encore, Marina, je te dois un poney en marshmallow). Et puis, l’air d’ici est ce dont j’avais le plus besoin au moment ou j’ai pris mon billet, plus que d’un job, plus que de soleil, et plus que de la familiarité bienveillante de Rennes. Il faudra attendre un moment pour savoir si ce déplacement sera un franc succès, mais je sais déjà que c’est préférable à combattre des ventilateurs tout l’été, sans un Sancho pour m’épauler.

Je reviens assez vite à Rennes, parce qu’on ne fait pas les choses à moitié dans ma famille et que le second de nos descendants est prévu pour une pondaison aux alentours de décembre. Oui, comme un namek. C’est assez fou ces histoires de naissances, et pas uniquement parce que les bébés ont de toutes petites mains. Depuis toujours, ma génération, mon niveau dans la famille était ce sur quoi l’Histoire s’était arrêtée. L’arbre de la famille finissait sur nous, et ainsi il paraissait que nous constituions la conclusion des choses, avec toute la finalité et la fermeture que ça portait. En octobre, puis décembre, il y aura un échelon supplémentaire dans cette organisation, et comme dans un organigramme dynamique, la caméra se reculera pour mettre les nouveaux arrivants au premier plan. Ce que ça veut dire pour moi et mes soeurs c’est que nos vies cessent d’être assises en bout de ligne, qu’il y aura dorénavant aussi à regarder devant nous. Les choses ne s’arrêtent plus à nous dès lors où la nouvelle génération aura sa vie à vivre, et c’est un changement de perspective qui me meut et m’émeut comme un émeu.

Cette histoire de changement de perspective, à un autre niveau, c’est quelque chose dont j’ai commencé à comprendre les bienfaits cette année à Wellington. En revenant de Winnipeg quand je voulais expliquer pourquoi j’avais aimé mon séjour, je parlais de « ce que ça m’avait apporté » sans pouvoir réellement mettre le doigt sur une description de la chose. La gestation de la réponse a prise jusqu’à ce que j’arrive dans une autre hémisphère et que le phénomène se répète. Le fait est qu’avant de partir pour le Canada, à peu de choses prêt ma vie entière s’était faite a Rennes, dans la même maison, et autour des deux mêmes quartiers, dont un qui avait plus de vaches que d’habitants. Passer des périodes avec des gens qui avaient grandis et vécus des vies similaires à la mienne, mais dans d’autres endroits, et d’autres circonstances, et qui n’en étaient pas arrivés au même résultat, ça à changé le fatalisme avec lequel j’avançais vers les choses, et ça a commencé à me donner des idées d’options, pour le futur, et le présent, et même de nouvelles interprétations pour le passé. Avec ça en tête j’en ai émis ce théorème qui n’en est pas un: Dans le doute, Meriadoc, prend l’avion pour suivre le nez de quelqu’un d’autre.

Et donc je suis à Reykjavik.


j’avais en travaux quelques notes, avec des nouvelles et des tentatives de réflexions sur mes potentiels projets pour l’avenir. Parce que c’est le grand sujet qui active mes méninges ces jours ci.

Du moins ça l’était et puis Shannon et moi nous sommes séparés.

C’est un peu dur de trouver un bon angle pour commencer à en parler, mais je sens que j’en ai besoin.

J’ai vu venir ce train depuis plusieurs mois, et j’aime à penser que j’ai tenté de l’arreter du mieux que j’ai pu, mais en étant réaliste, j’ai surtout tourné en rond autour de la voie, les bras en l’air, en poussant des petits cris aigues. Et puis c’était un train, de toutes façons.

Shannon était bloquée a l’intérieur et n’a rien pu faire non plus. Ce qu’il nous aurait fallu c’est modifier les lois du mouvement, ou Denzel Washington.

La décision fut celle de Shannon, mais elle n’avait pas de meilleure option et j’en aurais fait autant à sa place. Des fois des choses qui marchent s’arretent de marcher sans que personne ne les cassent, et je ne recommende à personne de se trimballer avec un amour cassé.

Comprendre ou en était Shannon m’a permis d’encaisser les choses avec une tête relativement froide et un certain controle, si ce n’est pour le dégat des eaux sur mon lit. Mais le double tranchant de la chose c’est que je sais aussi qu’on a épuisé nos options, et qu’il n’y aura pas de retournement de situation comme à la fin de la saison 1 de californication.

Echec et mat, et me voila un panda bien malheureux.

La cerise sur ce tas de merde c’est que rien de tout ça ne change les sentiments que j’ai pour Shannon, et que je sens venir quelques mois bien épais.

Il y a quand même quelques points positifs pour relever ce tableau. Pour commencer notre séparation doit être la séparation la plus raisonnable et collaborative de ces 6 derniers mois dans l’hémisphère sud. Ca ne la rend pas moins douloureuse de beaucoup, mais on a été éfficace sur ce coup la.

Ensuite je vous ai laissé dans le noir ces derniers mois sur ce qui se passait par ici ces derniers mois, mais j’ai rencontré pas mal de monde, tout plein chouette et gentils, entre mes collègues de boulot, des gens que j’ai rencontré via couchsurfing ou trucs du genre, et mes collocs qui étaient la le soir de la rupture et qui m’ont remonté le moral a grand coup de claques dans le dos viriles. Et ça me rassure de savoir que j’aurais des gens avec qui passer du temps maintenant que la personne avec qui je voudrais le passer n’est plus une option.
Ceci dit j’aimerais aussi avoir de vos nouvelles, genre grave, vous faites quoi de vos dix orteils, et ou et comment et tout ça.

La liste des points positifs s’arrête a peu prêt la, c’est court mais c’est mieux que rien. Je pourrais aussi ajouter que mon taf est assez intensif, je fais le service dans un café-boulangerie, et qu’aujourd’hui je n’ai pas trop eu le temps de déprimer. J’ai repris dès 5h en sortant, mais au moins mes journées devraient passer assez vite.

Et sinon j’ai 24 ans. Je ne sais pas trop si je devrais mettre ça avec les points positifs. Probablement pas.

Voila, il me resterait encore beaucoup a dire si j’attaquais la portion sur ce que je pensais faire par la suite, mais je garde ça pour sa propre note, parce que ça n’a pas être un sujet aussi glauque, et puis parce que je n’ai pas trop la tête a parler d’avenir la tout de suite.

C’est un autre truc dont j’aimerais que vous me parliez ça, ceci dit, vous faites quoi l’été prochain, ou l’année prochaine, ou dans un quelconque future proche?

Gros bisous tout le monde.

Vous me manquez, plus que jamais maintenant.


Rapidement, en cercle tout le monde, il faut que je vous parle.

Enfin pas vraiment, mais si quand même. J’aimerais parler du fait que je ne sois pas en train de laisser mourir ce blog à nouveau.

Encore que techniquement si, mais le problème principal c’est que depuis presque trois semaines, mes journées consistent de crackers au fromage, de douches à 18h, et d’heures passées à regarder des annonces pour du travail sur Trademe et Seek. Du coup je me trouve quelque peu a court d’envolées lyriques parce que bah, c’est super chiant, et ça me bloque chez moi quasiment tout le temps, et j’ai pas l’impression que ça vaille trop la peine d’en parler. ‘Fin à part si ça vous botte, dites moi, je peux faire un effort, mais je vous préviens, ça va être ennuyeux.

Il y a quand même quelques trucs dont je pourrais parler, la coupe du monde, les gens que je rencontre, le prix outrageux du cheddar et le canular planétaire qu’est l’inversion des saisons entre les hémisphères. En en faisant la liste je me rend compte que je ne manque pas forcément de choses à dire. Mais le fait est que j’ai juste pas trop l’énergie, ou l’inspiration. Rien de grave, c’est juste que chercher du travail avec une licence de LLCE et des références qui ne parlent pas anglais en plus de se trouver à 10h dans le passé c’est décourageant.

Je me ferai un double-café un de ces matins, avec plein de sucre, et je vous parlerai de la jolie fontaine avec des sots sur Cuba street, ou un truc du genre, Wellington est une très chouette ville. En attendant je suis un poil blasé ces jours ci et donc veuillez m’excuser si je ne vous inonde pas de ma poésie comme à moitié promis à mon départ.

Parlez moi de vous pour changer tiens, quoi de neuf crânes d’oeufs?

Tain ça marche pas au pluriel.

Sinon vous aurez remarqué que je me fais plus chier du tout avec les titres, je mets juste la musique qui passe sur mon pc quand je commence la note. Et je gruge même un peu, je change si c’est trop naze. Ecoutez-moi ça si vous ne connaissez pas:

Et écoutez-moi ça si vous connaissez déja quand même.

Et ça tiens, c’est chouette aussi: http://www.npr.org/2011/09/03/139785078/james-vincent-mcmorrow-tiny-desk-concert


Landed

13Août11

Je commence cette note au general store de Waitomo, mais notre bus arrive d’ici 10 minutes, et après ça, je ne suis pas sur de pouvoir la reprendre avant un moment. Peut-être à Wellington, ou a Masterton ou on sera ce week-end, chez la mère de Caroline.

Je commence cette note Jeudi 11 à 10h45.

Samedi dernier, après la torpeur de 40h en position semi-allongé entre des sièges d’avions et des banquettes d’aéroports, à engloutir des films sur des écrans 9 pouces, enfin en Nouvelle-Zélande, une navette nous a récupérée, et déposée, debout, devant chez Armi, la très gentille amie de Kamna. Sans prendre la peine de nous reposer et a la force de notre volonté inébranlable, on s’est élancés dans Auckland-la-pentueuse, pour faire des choses sérieuses. Comptes en banque, et téléphone et tout. Suivi d’une nuit de folie avec les amies d’Armi dans les bars d’Auckland, culminant en une rixe contre un groupe de marin australiens pour défendre l’honneur de ces dames, qui n’a pas eu lieu parce qu’on était couchés à 17h. Genre bien couchés.

On est restés a Auckland-la-désorientante quelques jours de plus, petit-émigrant lundi chez d’autres amis, et en prenant soin de visiter le zoo, unique zoo au monde ou les animaux semblent ne pas voir d’inconvénient à etre la quand on passe les voir, en prenant le soin aussi de faire un tour-pour-touriste, en pleine acceptance de notre condition, d’aller voir Captain America parce que c’était trop tentant, et en s’assurant d’avoir claqué un max de thunes en tickets de bus.

Mercredi, on commençait notre descente en bus vers Wellington, aux mains expertes des chauffeurs d’Intercity, et au doux son de leurs commentaires et factoides érudits.

Je reprends cette note samedi 13, à 20h et des bananes. Notre pèlerinage vers Wellington en est à 95% de complétion, si c’est un mot, word n’a pas l’air de se révolter, à Masterton, après s’etre arretés a Waitomo et Rotorua, pour, dans le désordre, deux nuits dans des auberges de jeunesses plutôt chouette, du zorbing, la visite d’une grotte pleine de vers luisants et d’eau très froide, de la nourriture discutablement diététique, un bain d’eau très chaude avec des touristes chinois, quelques bières par si par la, et beaucoup de moutons, genre plein, j’avais eu l’impression que la reputation moutonneuse de l’ile était exagérée, dans mes premiers moments aux alentours d’Auckland, mais non, non point, il ya une péta-tonne de moutons en nouvelle-zélande.

Demain on passe des coups de fils pour des visites d’appart, et lundi et mardi on essaye de torcher ça. Parce qu’être en transit ça a son charme, mais ça se doit d’être transitoire. Suite au dit torchage, dont je n’ai aucun doute qu’il soit un franc succès, on se mettra a chercher du travail, et normalement, d’ici samedi prochain, je suis premier ministre. D’ici, ou juste du monde, je vais pas chipoter. Ca ou sinon on m’a parlé de formations de barristas qui pourraient être bien. ‘Fin je verrai.

Je vous laisse ici. Je voulais faire une note plus sur mes impressions générales du pays, mais ça mérite peut-être une note en soi. Surement.

Faites bien vos devoirs, brossez-vous bien les dents.

Si ça se trouve je poste ma prochaine note depuis ma propre connexion internet.

Truc de fou.


Le café

05Août11

Note: J’ai écrit ce qui suit au milieu de la nuit à la loupiote de mon siège, en me relisant je trouve que ça sonne pas forcémment comme je l’aurais voulu, mais je le met quand même tel quel, parce que peut-etre que ça vaut le coup, et que je suis fatigué. Oh et l’orthographe hein…

La semaine passée a été une succession de stress à surpasser, ou ignorer, ou encaisser, ou à faire payer aux nouveaux joueurs sur Team Fortress.

Le stress du travail, qui se terminait, mais qui a continué jusqu’au bout à me péter les épaules, le moral et ma tolérance pour l’industrie de la restauration collective. J’étais dans un restaurant administratif que je ne nommerai pas, le Sésame, et dont le leitmotiv était « Ne chipotons pas voyons » ou, alternativement, « urk urk urk ».

« Ne chipotons pas voyons, c’est quoi la différence entre faire ton boulot et faire ton boulot et celui de machin, qu’on ne remplacera pas parce que prout. »

« Est-ce que tu pourrais aller nettoyer l’ensemble des murs et portes avec un coton tige quand tu auras fini de déballer ces 800 kilos de choucroute? Ta pause repas? Ne chipotons pas, voyons. »

« Et ouais et les femmes, euh bah euh, on les connait les femmes… » « Ouais euh, et les noirs aussi, ils sont euh, hein, urk urk urk. »

Je dois au moins un grand merci ou deux à ceux dans les tranchées avec moi, qui m’ont aidés a ne pas péter un cable, ou bien le circuit électrique de l’alarme incendie après avoir répandu de l’alcool sur la moquette du self en gloussant d’un rire maniaque. Ils se reconnaitront.

J’avais le stress de la préparation du voyage aussi, plein de petits trucs auxquels il fallait que je pense. En soit cette partie n’avait rien de dramatique si ce n’est que mon cerveau n’est pas fait pour ce genre de taches. Je n’ai aucune concentration, j’oublie constamment ce que je suis en train de faire, ou de raconter. Je procrastine sans relâche sur absolument tout. Et je m’organise mal sur ce que je parviens malgré tout a faire.

J’étais comme Bruce Banner dans The End Of Hulk, à essayer de prendre par surprise le monstre en lui qui l’empêchait de mourir. Ca a l’air sombre comme analogie, mais ça veut juste dire que j’en ai chié.

Avec le stress du voyage est venu le stress des au revoirs. Je dois admettre avoir ravalé un certain nombre de larmes ces derniers jours, plus que pas beaucoup. Mais pas plus de 9000 non plus, n’éxaggérons rien. C’est d’autant plus dur cette fois ci que je n’ai pas de date à inserer dans la phrase « bah on se revoit en [date] »

Et ça me travaille.

Vous aller tous me manquer.

Et puis de manière générale, j’ai avec moi un fond de stress qui s’est mis a s’agiter, alors que mon cerveau réalisait qu’on allait le transporter quelquepart au milieu de l’océan pacifique.

« ‘tain mais mec, qu’est-ce que tu fais?! »
« Bah la je regarde la vidéo d’un chat qui aboie et euh… »
« Prend moi pour un con, pourquoi est-ce qu’on va en nouvelle-zélande? »
« Non mais regarde, c’est marrant, après il se remet a miau.. »
« Ivan! »
« Oui cerveau »
« Tu n’as aucune idée de ce que tu fais ici, tu es constamment à essayer de t’imaginer quand et comment tu pourrais mettre les pieds dans la porte d’un truc qui te plairait, tu crois pas que changer de continent c’est mettre 13000km dans la vue de cette porte? »
« T’es pas un cerveau marrant, tu sais »
« Ivan. »
« Oui ok, l’idée m’a traversée l’esprit »
« Je sais. »
« Laisse moi finir, que peut-etre je fuyais en avant le moment ou j’allais devoir choisir cette porte, et 12 sosie et demi de ce genre de question, Mais. Mais c’est des angoisses de collègien ça, des trucs qu’on se traine tous plus ou moins après s’etre tapé les recherches d’orientation au CDI quand on avait 15 ans. Ca n’a de pertinence que dans ce monde de fantaisie ou un diplôme mène à un travail, qui mène à une carrière »
« fantaisie? »
« Oui! Non! Je sais pas! Ca marche dans certains cas, mais est-ce que pour autant ça veut dire être l’approche dans laquelle je devrais mettre toutes mes billes? Raah et puis tu m’embrouilles la, je pars surtout parce que je n’ai pas vu grand chose de ce monde et que j’en ai envie, pourquoi est-ce que tu me prends la tête avec des trucs dont je ne me soucis pas d’habitude?! »
« … »
« J’ai mal au crâne »
« j’ai mal »
« temps mort? »
« … »
« cerveau? »

Au final je ne m’en sors pas trop mal, on va me servir le petit déjeuner au dessus de la chine, en classe affaire parce qu’ils avaient overbookés l’éco., et je sais que je veux être ici.
Le gros de mon stress s’est dissipé quand j’ai posé mes fesses à la porte il y a 10 heures de cela.
Je sais que je fais ce que je veux faire, même si ce n’est pas tout ce que je veux faire.
Je sais que je veux à nouveau ce que winnipeg m’avait apporté.
Je sais que je fais tout ça en la meilleure compagnie possible.
Et je sais que je ne sais pas tout.

Mais j’en sais assez.